« Regardez ce Davout comme il manœuvre. Il va encore me gagner cette bataille-là ! »

Napoléon 1er

En 1808 contraint d’intervenir en Espagne, Napoléon nomme Davout au commandement de la nouvelle armée du Rhin. Il dispose de 100 000 hommes. Napoléon semble avoir entièrement confiance en lui pour lui donner la responsabilité de l’Allemagne et d’un nombre aussi important de soldat.

En 1809, Napoléon ayant anticipé l’attaque de l’Autriche, se retire de l’Espagne et va pour rejoindre Davout. Lors des premières semaine de la nouvelle guerre contre l’Autriche, Berthier, alors commandant en chef de l’armée, multiplie les erreurs. Rentrée d’Espagne Napoléon constate que le corps de Davout est dangereusement isolé. Il se dirige alors pour lui venir en aide.

Lors de la bataille d’Eckmühl, malgré les forces considérables qui lui font face, Davout parvient à conserver le terrain, il va ainsi tenir plusieurs jours. La victoire est 3 jours plus tard française avec l’arrivée de renfort commandé par Napoléon. Le maréchal Davout, reçoit le titre de prince d’Eckmühl.

Napoléon observant la bataille d’Eckmühl

Cantonné à Vienne lors de la bataille d’Essling, Davout ne peut qu’organiser la réparation des ponts, afin d’approvisionner au plus vite les 50 000 français bloqués face à 90 000 autrichiens. Il organise finalement l’évacuation de l’armée française.

Lors de la bataille de Wagram en juin 1809, le 3e corps, qui forme, comme à son habitude, l’aile droite de l’armée, marche vers le village de Neusiedl, position clé dans la prise du plateau de Wagram. Toutefois, en raison d’un ordre tardif et d’un manque de coordination avec les corps d’Oudinot et de Bernadotte, l’attaque reste faible et finit par échouer face à des forces autrichiennes bien retranchées. 

Puis Davout reçoit l’ordre de déborder l’armée autrichienne par la droite. Le 3e corps attaque avec vigueur les autrichiens et parvient à occuper les hauteurs fortifiés du plateau. La bataille de Wagram sera un succès.

Rentré en décembre 1810 à son quartier général d’Erfurt, Davout est nommé gouverneur général des villes hanséatiques en addition à ses fonctions de Commandant en chef de l’Armée d’Allemagne. Il doit alors équiper, armer et entraîner les nouveaux contingents, français comme étrangers qui lui sont envoyés mais également renforcer la mise en application du blocus continental, administrer les territoires occupés par ses troupes et surveiller l’opinion des territoires placés sous son autorité ainsi que de la Prusse, de la Pologne et de la Russie.

Remettant de l’ordre dans le nouveau département français des Bouches-de-l’Elbe, Davout parvient en quelques mois à freiner drastiquement le trafic de contrebande dans la région, avec pour conséquence l’asphyxie de son économie et un vif ressentiment de la population hambourgeoise à son égard. Au cours de son mandat, il démantèle également un système de corruption à grande échelle impliquant de nombreux dignitaires d’Empire dont Bourrienne, ancien secrétaire personnel de Napoléon.

En septembre 1811, confronté au réarmement de plus en plus visible de la Prusse, Napoléon ordonne à Davout de prendre ses dispositions pour marcher sur Berlin et occuper les principaux ports et villes prussiennes. La simple concentration des troupes françaises dirigées par le vainqueur d’Auerstadt suffit à mettre un terme aux velléités du roi de Prusse qui s’empresse de sceller une nouvelle alliance avec la France. 

En 18 mois, Davout parvient à faire des 150 000 hommes qu’il a sous ses ordre, un ensemble cohérent et solide. 

En 1812, Napoléon lui confie 70 000 hommes qui deviendra le 1er corps de la Grande Armée pour la campagne de Russie. Il obtient pendant cette campagne des victoires sur les Russes  mais ne parvient pas à encercler l’armée russe de Bagration du fait de la lenteur de Jérôme Bonaparte, chargé de l’aile droite de la Grande Armée. Davout pleure la mort de son fidèle général de division, Gudin, tué à la bataille de Valoutina Gora. Vous avez sans doute appris que nous avons il y a peu retrouvé le squelette de ce général.

Lors de la bataille de Borodino, son plan qui consiste à contourner la gauche de l’ennemi avec le 1er corps et les Polonais n’est pas retenu par Napoléon, cette bataille, qui sera une boucherie ouvrira les portes de Moscou.

Davout assure, alternativement avec Ney, le commandement de l’arrière-garde de l’armée lors de la terrible retraite de Russie. Davout perd son bâton de maréchal à la bataille de Krasnoï.

En 1813, il commande l’aile gauche de l’armée française en Allemagne. Victorieux et seul invaincu français, il doit, à la suite des échecs de ses collègues et de Napoléon lui-même, se replier dans le secteur militaire de Hambourg qu’il fait fortifier et approvisionner. Il est assiégé par 80 000 hommes mais Il tiendra la place jusqu’à l’abdication de Napoléon en avril 1814.

À peine rentré en France, le maréchal Davout se voit signifier par le ministre de la Guerre l’ordre de ne pas résider à Paris. Il se retire alors dans son domaine de Savigny-sur-Orge.

La disgrâce du maréchal fait de sa propriété un repaire de bonapartistes, et le maréchal lui-même n’est pas appelé à venir prêter son serment de fidélité au nouveau souverain. C’est donc sans états d’âme qu’il rallie Napoléon dès son entrée aux Tuileries lors des Cent-Jours

Après le retour de l’île d’Elbe, appelé par Napoléon Ier au ministère de la Guerre, Davout, de concert avec l’Empereur, réorganise en trois mois l’armée française. En juin, l’Empereur dispose de 225 000 hommes d’infanteries, dont 120 000 en état d’agir et de 50 000 cavaliers, dont 30 000 en état de se battre.

Davout ne participe donc pas directement à la campagne de Belgique. Certain reprocheront ce choix de Napoléon en expliquant que les talents manœuvrier de Davout aurait été plus utile sur le terrain.

Il reçoit le commandement général de l’armée, après la bataille de Waterloo. Le 3 juillet 1815, il se dispose à livrer bataille à Wellington et à Blücher, lorsqu’il reçoit du gouvernement provisoire l’ordre de traiter avec l’ennemi. Ce même jour, il signe à Saint-Cloud la convention de Paris, d’après laquelle l’armée française doit se retirer derrière la Loire. Le 6 juillet, il se met à la tête des troupes qui abandonnent la capitale en faisant évacuer tous les objets de valeur du musée d’artillerie.

Quand les Autrichiens franchissent le fleuve, il lui suffit de les menacer d’une bataille pour que ceux-ci fassent chemin inverse. Son seul nom suffisait à faire trembler ses adversaires.

Le maréchal fait sa soumission au gouvernement royal le 14 juillet, puis il remet le commandement de l’armée au maréchal Macdonald.

Retiré sur ses terres, il revient toutefois pour défendre Ney, lors de son procès mais en vain. Privé de ses titre pendant deux ans, il connut une période difficile, avant de les retrouver en 1817, ainsi que son bâton de maréchal.

Le 4 mars 1819, il est élevé au titre héréditaire de duc, le 5 mai 1819 il rentre à la Chambre des pairs (l’équivalent du Sénat aujourd’hui) et se rallie complètement à la cause de la Restauration. Il est élu maire de Savigny-sur-Orge de 1822 à 1823.

Davout meurt le 1er juin 1823, à Paris d’une infection pulmonaire. Il est enterré à Paris, au cimetière du Père-Lachaise.

Davout

Il sera le seul maréchal d’empire à n’avoir jamais connu de défaite, on le surnomme “le maréchal de fer”.